
Aniara Rodado
Conjurer les épistemicides. Alliances plantes, sorcières, machines.
Chorégraphe, artiste et performer, Aniara Rodado explore les liens d’interdépendance entre le corps et le monde végétal, dans une perspective écoféministe valorisant les savoirs sorciers et indigènes. Thèse effectuée à Institut Polytechnique de Paris de 2015 à 2022 sous la direction de Jean-Marc Chomaz et Gwenola Wagon.
Le terme épistémicide (Sousa do Santos-Carneiro) désigne le fait de démanteler tout un système de connaissances et de pratiques qui construisaient des mondes, des technologies, des éthiques, des ontologies et des écologies, pour les remplacer violemment par un système se voulant hégémonique et se croyant supérieur. Les épistémicides sont des processus propres à la colonisation et à la modernité.
Ils impliquent de tuer la vie sous toutes ses formes – et il ne s’agit pas d’une métaphore : cela consiste à s’attaquer aux corps, aux communautés et aux territoires qui en sont porteurs, à massacrer et soumettre les êtres humains, à appauvrir la terre, à voler l’eau, à détruire les paysages, à briser le tissu qui structure la connaissance, à brûler les liens avec l’invisible. Il s’agit aussi d’effacer la mémoire et d’accommoder les savoirs en les désactivant par la création de filiations inventées, en s’appropriant ce qui « sert » sans jamais faire référence aux sujets subordonnés qui l’ont incarné.
Thèse de doctorat de l’Institut Polytechnique de Paris préparée à l’École Polytechnique de Paris.
Thèse présentée pour soutenance à Palaiseau, le 07/11/2022.
Composition du Jury : Dre. Margarita Valencia, Colegio del Norte, Tijuana, Mexique
Rapporteur : Dr. Emanuele Quinz, Université Paris 8, Dre. Julie Crenn, critique d’art (AICA) et commissaire d’expositions indépendante
Examinatrice : Dre. Jules Falquet, Université Paris 8
Directeur de thèse : Dr. Jean-Marc Chomaz, CNRS, École polytechnique, Institut Polytechnique de Paris
Co-directrice de thèse : Dre. Gwenola Wagon, Université Paris 8